CUNY Damien, CUNY Marie-Amélie et DAVRANCHE Laetitia Réalisé avec Scenari (nouvelle fenêtre)
Les impacts sanitaires des polluants atmosphériques extérieurs

Principaux résultats toxicologiques sur les effets des polluants

Objectifs pédagogiques

Les objectifs pédagogiques de cette partie sont de présenter à partir des résultats des études toxicologiques et épidémiologiques, les principaux effets sanitaires des polluants atmosphériques.

Généralités

Même si nous n'avons pas la même sensibilité vis à vis des effets de la pollution atmosphérique, nous y sommes tous exposés. De plus, il n'existe pas de concentration de polluants en dessous desquelles il n'y a pas d'effet observé.

Cependant, les effets sur la santé sont de différents types selon qu'ils surviennent à court terme ou à long terme :

  • Les expositions à court terme lors de pics de pollution (expositions aiguës) vont provoquer des manifestations cliniques, fonctionnelles ou biologiques aiguës survenant dans des délais brefs (de quelques jours à quelques semaines au maximum) après l'exposition à la pollution atmosphérique. Ce sont souvent les effets observés après des pics de pollution. Cela concerne par exemple : des réactions inflammatoires de l'arbre respiratoire (du nez jusqu'aux alvéoles pulmonaires), une exacerbation des symptômes respiratoires préexistants (par exemple chez un sujet asthmatique), une augmentation des admissions hospitalières (pour pathologies respiratoires, cardiaques...), une augmentation de la consommation de médicaments...( Corso et al., 2016[1])

  • Les expositions à court terme en dehors de pics de pollution vont provoquer une aggravation des symptômes des pathologies chroniques comme par exemple : la toux, un coryza, de l'essoufflement, l'irritation des voies aériennes supérieures et des yeux. Des effets plus graves, respiratoires ou cardiovasculaires, peuvent aussi apparaître et conduire à l'hospitalisation voire au décès.

  • Les expositions à long terme (expositions chroniques) vont provoquer la mise en place et/ou l'aggravation de pathologies (maladies respiratoires, cardiovasculaires chroniques, certains cancers), voire conduire au décès.

De nombreux paramètres vont influer sur notre exposition et donc sur la quantité de polluants qui entrent dans notre organisme.

De plus, deux propriétés importantes des polluants modulent leur pénétration dans les voies respiratoires :

  • leur solubilité => les polluants solubles sont prioritairement freinés par le mucus qui tapisse l'épithélium respiratoire de la partie supérieure de l'appareil. Attention, cela ne signifie pas que ces polluants n'y ont pas d'effet ;

  • la taille des particules => ce point est illustré à la figure ci-dessous. Plus les particules sont petites, plus elles pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire et s'y déposent. Néanmoins, ceci est moins net pour les particules ultra-fines et les nanoparticules qui auraient un comportement proche de celui des gaz et pourraient être exhalées.

Au niveau de la taille des particules :

  • Les particules de plus de 10 µm de diamètre restent au niveau de l'appareil respiratoire supérieur. Elles sont expulsées par l’ascenseur muco-cilliaire et dégluties.

  • Les particules dont le diamètre est compris entre 3 µm et 10 µm se répartissent entre la trachée et les bronches.

  • Les particules de taille inférieure à 3 µm atteignent les alvéoles pulmonaires.

Plus les particules sont fines, plus elles pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire. Ainsi, les particules supérieures à 10 µm sont arrêtées au niveau des voies respiratoires supérieures. Les particules inférieures à 10 µm pénètrent dans les voies respiratoires inférieures, et les particules inférieures à 3,5 µm (comme les particules diesel) vont s'insinuer au fond de l'appareil respiratoire, dans les alvéoles pulmonaires.
Influence de la taille sur la pénétration des particules dans l'appareil respiratoire[2]

Les effets toxiques des principaux polluants réglementés sur l'appareil respiratoire

  • D'une manière générale, les polluants atmosphériques ont des effets irritants sur l'appareil respiratoire (cela provoque le plus fréquemment de la toux, des écoulements nasaux, des sensations de picotement au niveau des yeux, de la gorge, du nez, de l’essoufflement...).

  • Ils provoquent une atteinte des cellules (dont le stress oxydant) au niveau des muqueuses, des tissus ainsi que des réactions inflammatoires.

  • Beaucoup de polluants gazeux aggravent les pathologies dont est déjà atteinte la personne exposée, telles que les pathologies respiratoires (asthme...) ou les pathologies cardio-vasculaires.

  • Les polluants organiques persistants (HAP, dioxines, pesticides...) ne font pas tous l'objet d'une surveillance atmosphérique continue. Toutefois, il est montré que leurs actions sur la santé s'inscrivent sur le long terme. Certains ont des effets cancérigènes et actuellement beaucoup de travaux concernent les perturbations endocriniennes (modifications du fonctionnement de nos hormones) qui ont des conséquences en termes de malformations congénitales, de capacité reproductive, d'atteintes du développement physique et intellectuel, de perturbations immunitaires...

ComplémentIllustration vidéo

La vidéo suivante disponible sur le site de BFM TV évoque les effets des particules sur la santé :

  1. Corso et al. 2016

    Corso M., Medina S. & Tillier C., 2016, Quelle est la part des pics de pollution dans les effets à court terme de la pollution de l'air sur la santé dans les villes de France ? Saint Maurice : Santé Publique France, 6p.

  2. d'après APPA NPC

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